Chapitre 5 – Travailler à Kaikoura durant son PVT en Nouvelle-Zélande

Passons au « T » de notre PVT

Après plus de 3 mois de road-trip sur l’île du Nord, il est temps de remplir les caisses et de travailler en Nouvelle-Zélande. La traversée en ferry nous a laissé bouche bée devant les reliefs de l’île du Sud. Mais, on doit gagner un peu d’argent avant de repartir en vadrouille. Allons chercher du travail !

La majorité des jeunes européens , qui sont en PVT en Nouvelle-Zélande, travaillent dans les fruits (ramassage, tri, empaquetage, etc.). Il s’agit d’un job simple à trouver, souvent sur des périodes assez courtes, qui ne requiert pas de compétences particulières. D’autant plus qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un bon anglais, ou un anglais tout court d’ailleurs.

On pensait passer par ce genre de job en arrivant dans le pays. Puis, au cours de discussions et de retours d’expériences variés, on n’était plus tellement motivés pour aller cueillir les kiwis. Le travail est très éprouvant physiquement, les journées sont longues (10-12h), le salaire est minimal (voire calculé au rendement)… De plus, on ne progressera pas ou peu en anglais et il faut, parfois, payer pour garer son van et profiter d’une douche chaude.

Rien de bien encourageant.

Le Penseur de Kaikoura. « Mais où va t’on bien pouvoir bosser ? »

Alors, on s’est dit qu’on allait essayer d’éviter ce genre de job. Comment ? On ne le sait pas encore. Dans un premier temps, il faut choisir où débuter les recherches.

Kaikoura

Kaikoura est une petite ville d’environ 4000 habitants, elle est située sur l’île du Sud à environ 180 kilomètres au nord de Christchurch. Néanmoins, elle attire un nombre très important de touristes grâce a sa faune extraordinaire : otaries, dauphins, baleines et orques. Ce sanctuaire marin est une étape incontournable pour qui voyage en Nouvelle-Zélande et souhaite approcher au plus près ces animaux.

SPOIL ALERT : Ceci est une de nos photos, nous avons nager avec les dauphins de Kaikoura !

Kaikoura est, surtout, entourée par les montagnes. Être sur la plage et observer ces montagnes (dont certaines culminent à 2000 mètres) à quelques pas de l’océan, vous procurent une sensation grisante ! Un tel spectacle en France, et surtout dans nos régions du grand Ouest (qui sont plus que plates), n’est pas possible.

Yoga time ?

On ne pensait pas chercher du travail ici, mais l’atmosphère de Kaikoura nous a tellement plu qu’on a tenté le coup !

Trouver un travail

Parfois les campings/hôtels recrutent des jeunes en PVT. Et Kaikoura, qui fait face à un énorme va-et-vient de touristes, ne possède pas assez d’habitants pour répondre à la demande !

« Ok Google, donne-nous les adresses des campings de Kaikoura ? ». La liste s’affiche à l’écran, elle compte 3 campings et des Motels/Auberges.

Armés de nos CV fraîchement traduits en Anglais puis imprimés dans la librairie du coin, on part en distribution.

La première tentative se solde par un échec, pas de recrutement pour le moment.

400 mètres plus loin, le camping Alpine Pacific Holidfay Park présente une pancarte « Staff wanted » à son entrée. C’est notre chance !

L’Alpine Pacific Holiday Park

On entre et Élise, qui se trouve à l’accueil à ce moment-là, nous accueille bras levés en disant « C’est pour des CVs ? Ouiii, donnez-les moi, donnez-les moi ! ». Les patrons nous rappellent le lendemain matin. Leur proposition : un temps partiel, 3 à 4h chaque matin 6j/7 jusqu’à la fin du mois de Mars au minimum.

Insatisfaits par le faible nombre d’heures, on part en visite du camping pour en discuter et réfléchir à la question. On en arrive à la conclusion que Nathan pourrait se contenter d’un temps partiel (car il avait de plus grosses économies pour le voyage). Mais Estelle ne pouvait pas se permettre de ne travailler « que » 20-25h par semaine.

On décide alors de continuer nos recherches. Au moment de quitter le camping, et donc de repasser devant l’accueil, le patron (Struan) nous rattrape… Il s’avère que, Lou, une irlandaise qui vit à Kaikoura et travaille au camping, connait le boss d’un restaurant en ville.

Un deuxième job

Nick, le patron du Groper Garage (le fameux restaurant) recherche actuellement du personnel pour la haute saison. Un coup de fil plus tard, Estelle a un entretien dans 10 minutes en ville pour un possible second job qui viendrait compléter les heures proposées par le camping. L’horizon s’éclaircit !

On fonce en ville pour qu’Estelle passe cet entretien… en Anglais. Garés devant le restaurant, Estelle est stressée de devoir y entrer seule pour passer un entretien avec un kiwi, qui parle probablement très vite. 15 minutes plus tard, elle quitte le restaurant tout sourire en annonçant à Nathan : « J’ai le job ! »

Témoignage d’Estelle à propos de l’entretien :  » Pour dire vrai je n’ai pas compris la moitié de ce que Nick me racontait, le stress m’a fait perdre mes moyens. Il a été génial car il m’a laissé ma chance ! Il m’a expliqué que j’avais juste à prendre les plats qui sortaient de la cuisine, à chercher la bonne table (via un système de pancartes numérotées), à poser les plats sur la table puis à débarrasser/nettoyer la table à la fin du repas. Ce n’était pas si compliqué après tout… »

En une journée nous avons décroché 1 job chacun dans un camping et 1 complément pour Estelle dans un restaurant. Pas mal non ?

Thug life bro’.

Et les avantages sont là : On peut garer le van sur un vrai emplacement de camping et profiter de toutes les installations (douches chaudes à volonté, youpi) pour environ 2,5 € / nuit.

On avait même le droit d’emprunter les trottinettes électriques Xiaomi, fraîchement achetées par le camping, pour aller faire nos courses au supermarché du coin.

C’est parti pour 2 mois et demi de remplissage des caisses ($$$) !

Oko est bien installé sur son emplacement personnel <3
Et nous… on est bien au chaud dans les jacuzzis !

Nos missions

On était « cleaner » ou agents d’entretien, bref, nous faisions le ménage quoi. On passait entre 3 et 4 heures chaque matin à nettoyer les chambres et les parties communes.

Le camping accueille les campervans (camping-cars) et les tentes, mais il possède aussi des lodges : 9 cabines, 8 suites avec salle de bain privée et kitchenette, puis 7 motels sous forme de studio pour 4 d’entre eux et d’appartements pour les 3 derniers.

Le tout offrant une vue panoramique sur les montagnes de Kaikoura.

Les touristes viennent à Kaikoura pour 1 à 2 nuits en moyenne, le temps nécessaire pour voir les baleines et éventuellement nager avec les dauphins. Le roulement des chambres est donc conséquent et il y a de quoi s’occuper le matin !

Défaire/refaire les lits, nettoyer les cuisines et les salles de bains privées, retirer les poussières, passer l’aspirateur/la serpillière et faire les vitres… Voilà les missions d’Estelle. Nathan, lui, s’occupait des « ablutions ». Il s’agit des parties communes : les barbecues, les sanitaires, les douches, la grande cuisine et la blanchisserie.

Ce travail nous occupait toute la matinée jusqu’à 13h environ. Ensuite, il était temps de déjeuner puis de se reposer un petit peu. En effet, Estelle reprenait le travail à 17h au Groper Garage.

Au fil du temps, Nathan s’est vu confié des missions supplémentaires pour l’après-midi. Un peu de repassage/pliage des draps, de jardinage, et, sur le dernier mois, il a même pu faire des séances photos de l’espace piscine/jacuzzis et des chambres dans le but de mettre à jour le site internet du camping. Ainsi, il a pu améliorer ses compétences dans la gestion/création d’un site internet.

Nathan, le photographe du Dimanche.

Nos collègues

On ne pouvait pas faire mieux ! On a été extrêmement bien entouré durant cette période de travail. D’abord, nos patrons : Lee, Struan & Toby, leur adorable chien. Ce sont des kiwis installés à Kaikoura et propriétaires des lieux depuis 14 ans, des personnes adorables ! Ils ont su transformer un travail peu intéressant et fatiguant en une expérience riche de partage, de rencontres et où la bonne humeur règne chaque jour !

Ensuite il y a le staff :

  • Élise, réceptionniste britannique. Rayonnante, elle a de l’énergie à revendre. Elle fait partie de l’équipe depuis quelques années, et vient d’obtenir un nouveau Visa Travail de 3 ans grâce à cet emploi. Elle souhaite de tout cœur pourvoir obtenir la résidence néozélandaise à la fin de ce visa.
  • Lou, réceptionniste également et surtout irlandaise de la pointe de ses cheveux jusqu’au bout de ses orteils ! Elle est installée ici en Partenaire Visa grâce à son compagnon néozélandais.
  • Chi, cleaner. Japonaise, elle est installée en Nouvelle-Zélande, avec son mari canadien et ses 2 enfants, depuis maintenant 4 ans.
  • Angela, cleaner. Néozélandaise, il s’agit de la salariée la plus ancienne de l’équipe.
  • Anne, Sinead, Kate. Néozélandais, ils ne sont pas restés très longtemps après notre arrivée. Néanmoins, on prévoit d’ici peu de se rendre à Dunedin pour revoir notre chère Sinead qui a retenu quelques phrases françaises, et surtout celle-ci : « Bonjour, mon Amour » (de quoi bien nous accueillir le matin).
  • Marine et Valerian. Français et en PVT depuis Janvier. On les suivait sur Instagram, et ils cherchaient du travail au moment où le camping avait des besoins de recrutement, on les a donc mis en relation avec Lee et Struan. Finalement, ils ont travaillé 3 mois au camping dont 2 avec nous.

Le Grooper Garage

L’entrée du Groper Garage.

Pour compléter ce premier salaire, Estelle travaillait en tant que serveuse dans un restaurant animé de la ville : Le Grooper Garage. Il s’agit d’un Bar-Brasserie, la cuisine est petite et on y prépare principalement des Fish’n’Chips, de la Seafood Chowder, des Green Mussels et des Pizzas ! On va pas se le cacher ce n’est pas très healthy, les doses sont gargantuesques et la majorité des plats sont vraiment gras. Mais, c’est bon ! Ils préparent des frites à la chapelure de bière…. une tuerie, c’est délicieux. Les clients commandent souvent du Garlic Bread (pain à l’ail) mais il ne ressemble vraiment pas à celui qu’on a en France, tout simplement parce qu’ils n’ont pas de vrai PAIN ici ! Sujet sensible, la bouffe française nous manque…

Estelle y travaillait le soir de 17h à 22h et 6 jours sur 7 durant le premier mois. Ensuite, c’est passé à 5 jours sur 7, puis à 3 jours sur les 2 dernières semaines car la haute saison se terminait et les clients n’affluaient plus. Certes, le salaire a diminué mais elle a pu se reposer avant de reprendre la route et ça c’est top.

Elle a fait de gros progrès en Anglais grâce à ce job, le service c’est avant tout le contact avec le client et il faut savoir répondre à ses attentes en toutes circonstances. Au début, certains malentendus ont donné lieu à des scènes comiques ! Mais le ridicule ne tue pas et ses erreurs l’ont faite progresser. La compréhension de la langue s’améliore de jour en jour quand on se retrouve coincé dans un environnement uniquement anglophone.

Ce fut une belle expérience ! De belles rencontres, et un job pas si chiant que ça. Dans le rush, les heures passent vite. Merci à Nick de m’avoir laissé ma chance.

Nos souvenirs

Les tentatives de surf avec Émeline 🙂
Le big BOSS, the Best, notre chouchou… Toby, le chien des patrons ! On a passé beaucoup de temps avec lui, à jouer à la balle et à lui faire des gros câlins (il nous manque).

BILAN SUR NOS 2 MOIS ET DEMI DE TRAVAIL

On n’aurait pas pu imaginer mieux comme expérience de travail en Nouvelle-Zélande ! On a fait des rencontres incroyables de personnes (patrons, collègues, clients) originaires de beaucoup de pays différents. Nos progrès en Anglais, surtout pour Estelle, ont été plus remarquables durant cette période qu’au cours de notre road-trip sur l’île du Nord.

Financièrement parlant, on a économisé (salaires – dépenses sur la période de travail) 9 950$, soit 5 834€. D’après nos calculs, on a assez d’argent pour continuer notre périple jusqu’à la fin !

On a été sédentaires sur cette courte période, ce qui nous a permis de prendre du recul sur nos 3 premiers mois de road-trip et peut-être de modifier un peu notre « routine » voyage par la suite.

Bref, il n’y a que du positif qui ressort de cette expérience !

Soirée de fin de contrat, soirée mémorable ! On repassera par Kaikoura au retour de notre road-trip sur l’île de Sud, c’est certain <3 Merci à tous !